Schizophrénie, entente de voix: Les gens qui leur répondent ont la meilleure approche

#psychologie #santé #paysbasque

Une traduction d'un texte de Emma Reynolds sur news.com.au

(pas mal de traductions à faire en ce moment, en attendant leur validation, je vais les mettre ici)

AMANDA Waegeli entendait des voix depuis son adolescence, alors quand elle est allée à l'hôpital pour avoir son septième enfant, elle était réconfortée que la Vierge Marie lui parle.

Mais après avoir fait un arrêt cardiaque sur la table d'opération et avoir eu trois transfusions sanguines, et avoir été cliniquement morte pendant quelques courts instants, les choses ont tourné au vinaigre.

"Après quelques semaines en soins intensifs, j'étais physiquement bien, mais déformée mentalement," a-t-elle dit à News.com.au. "Les voix étaient bruyantes et déroutantes, et très négatives. Il était difficile pour moi de discerner ce qui était réel. Elles me disaient que j'étais une erreur, que je devais mourir ".

Amanda a été mise en soins psychiatriques, assommée de médicaments lourds et a subi la thérapie par électrochocs (ECT). Elle a été diagnostiquée avec une psychose post-partum, et plus tard, on lui a parlé de dépression clinique et de trouble bipolaire.

"Plus vous êtes dans le système, plus vous obtenez de diagnostics" dit-elle. "En dépit d'être coopérante et d'accepter les médicaments, je n'y trouvais pas beaucoup de soulagement, j'étais juste gênée par les effets secondaires."

Finalement, Amanda entendu parler de la Hearing Voices Network, un groupe de soutien mondial qui opère dans 25 pays et a été créé en Australie il y a 10 ans. Le réseau aborde une approche radicalement différente de celles des services traditionnels de santé mentale, en encourageant les gens à écouter leurs voix au lieu d'essayer de les bloquer.

Nathan Grixli dit qu'il a travaillé à renforcer sa capacité à entendre les voix.

Amanda a rencontré le groupe à Perth, et a commencé à explorer ses voix, apprendre à connaître les caractéristiques et la personnalité de chacune.

En tant qu'adolescente, elle avait entendu deux voix de femmes, l'une rassurante et l'autre rebelle, lui imposant de combattre. Parfois, les voix étaient pénibles, à d'autres moments, très serviables et lui donnaient des conseils.

Face à ses "démons", Amanda a réalisé qu'ils avaient commencé à lui parler peu de temps après qu'elle ait été abusée sexuellement. «Je ne l'aurais pas cru à l'époque, mais maintenant je peux me connecter avec ce qui est arrivé et à en voir l'importance," dit-elle,

Ceci est une expérience extrêmement fréquente chez les entendeurs de voix. Presque 75 pour cent des cas peuvent être liés à un traumatisme.

Ron Coleman, qui a importé le mouvement depuis l'Ecosse vers l'Australie en 2005, est entré et sorti de l'hôpital pendant plus de 12 ans, traité pour schizophrénie chronique et a subi plus de 40 électrochocs. Il prenait tout un cocktail de médicaments anti-psychotiques et passait sa vie à trainer autour de la gare en hurlant des choses à ses voix abusives. "Tu mérites de brûler en enfer," lui disaient-elles.

Puis un jour, il est allé à une réunion HVN et on lui a dit: "Vos voix sont réelles" Ce fut une révélation. Il a commencé à se rappeler que c'était un prêtre catholique qui avait abusé de lui qui lui avait dit qu'il devrait brûler en enfer.

Des études ont montré que près de quatre pour cent de la population mondiale entend des voix, bien que selon la définition qu'on en ait, cela puisse être estimé à environ dix pour cent.

Nathan Grixli, de Victoria, a entendu officiellement ses premières voix à 21 ans, mais il se souvient d'avoir des expériences similaires âgé de seulement trois ou quatre ans. "C'est difficile à exprimer avec des mots" dit-il à News.com.au

"C'est comme de décrire les couleurs à des gens qui ne peuvent pas voir. Souvent, ce n'est pas tellement que j'entends des voix, mais que je ressens des perceptions altérées du monde autour de moi".

La professeur d'université Curtin Lyn Mahboub a des visions et «entend ses pensées".

A 22 ans, Nathan se retrouve dans le système de santé mentale, avec des médecins utilisant des mots comme «psychose» et qui le traitent comme si il était malade. «Ce fut une expérience effrayante,» dit-il. "Pour moi, je n'avais pas l'impression que quelque chose clochait. Bien que je traversais définitivement des moments de désorientation et d'adaptation à une partie émergente de moi-même, mes expériences d'états altérés me semblaient la chose la plus naturelle du monde."

C'était les réactions des autres gens qui causaient des problèmes à Nathan. Amis et famille ne comprenaient pas son comportement, et étaient mal à l'aise de parler des voix dans sa tête. Quand il leur disait qu'il était en communication avec les anges ou Dieu, ils étaient - peut-être justement - inquiets. Il est rapidement devenu isolé socialement et incapable de parler à quiconque de ce qui lui arrivait sans s'entendre dire qu'il était psychotique.

Pour Nathan, c'était les notions de spiritualité, de religion et de magie qui reflétaient le plus étroitement son expérience, mais il avait besoin d'une manière différente de le comprendre.

«Il y a une tradition énorme et beaucoup de contextes autour des entendeurs de voix et le mysticisme. Un grand nombre de mes expériences auditives offraient un aperçu de moi-même et de questions plus profondes, des questions philosophiques sur le monde. Communiquer avec les voix m'apportait des connaissances, mais cela signifiait aussi que, dans notre monde matérialiste contemporain, j'avais du mal à trouver un moyen d'expliquer à moi-même et à d'autres ce qui m'arrivait".

Parfois, ses expériences lui donnaient un aperçu de choses qu'il ne pensait pas savoir, qu'il vérifiait ensuite pour savoir si ce que la voix avait dit était vrai.

Nathan, qui travaille maintenant comme directeur de programme de voix Vic avec la UnitingCare Prahran Mission, alliée à la Hearing Voices Network Australia (HVNA), dit que rejoindre le groupe l'a aidé à commencer à dialoguer avec les voix "en toute sécurité et de façon positive», et il a maintenant le soutien de ses partenaires, amis et famille, bien qu'il existe encore certaines personnes avec qui il ne peut pas discuter de voix.

«Ma santé mentale dépend de ma capacité à renforcer ma capacité à entendre des voix», a-t-il expliqué. "Pour faire face au quotidien, mais pas seulement, établir des moments pour le faire, explorer des thèmes et développer ma capacité à intervenir sur les états modifiés à volonté comme une pratique qui permet à la fois la guérison et la perspicacité."

Lyn Mahboub travaille en tant que conseillère stratégique en rétablissement et membre de liaison HVN à Richmond, où le mouvement Australien a commencé de manière formelle. Le réseau n'a pas été financé pendant des années, bien qu'il ait acquis une certaine aide du gouvernement ces derniers temps. Lyn, qui vécut sa première expérience majeure à 16 ans, a principalement des visions, et quelque chose qu'elle appelait «pensées entendues" et qu'elle a réalisé plus tard pouvoir être classifié sous le nom d'entente de voix.

L'ancienne infirmière, maintenant conférencière dans la récupération de la santé mentale à l'Université Curtin dit que la communauté de la psychiatrie biomédicale traditionnelle peut avoir une vision réductrice de ce qu'entendre des voix signifie. En parlant avec d'autres entendeurs de voix en 2006, elle a trouvé ses expériences complémentaires avec celles discutées. "Je me suis rendu compte qu'il y a une vaste gamme d expériences, à l'intérieur et l'extérieur de la tête."

Elle dit qu'un élément important de l'approche Hearing Voices est "le dialogue avec les voix" - C'est à dire essayer de changer votre relation avec elles. "C'est comme être dans une mauvaise relation, vous avez deux options, soit vous ignorez les problèmes et vous vous distrayez, par une aventure extra conjugale, par exemple, ou alors vous travaillez sur la relation".

"Si vous réalisez que vous pouvez faire quelque chose, vous cessez d'être une victime d'un "cerveau cassé", comme on dit à de nombreux patients. Si quelqu'un d'autre impose un sens à ce qui vous arrive, vous arrêtez de chercher à trouver votre propre sens des choses."

Lorsque Lyn était encore infirmière, elle traitait les patients qui entendaient des voix très différemment. "Nous n'allions pas dans le contenu, si nous l'avions fait on nous aurait dit que nous « entrions dans le délire du patient». Cela laissait la personne seule pour gérer les productions abusives.

"Il faut briser le silence. Si quelqu'un dans un hôpital dit aux infirmières, «Les voix me disent de vous tuer", et que les infirmières ne sont pas formées à l'approche de l'entente de voix, elles peuvent avoir peur et ne pas savoir comment réagir utilement. Dans un groupe de soutien par les pairs, vous pouvez dire: «C'est si pénible et difficile quand je suis en train de faire la vaisselle et que mes voix ont des envolées lyriques au sujet de tuer mes voisins», et d'autres dans le groupe peuvent faire preuve d'empathie plutôt que d'avoir peur de la personne souffrante. Souvent, les gens se rendent compte qu'ils sont peut-être simplement en colère et que cette colère est exprimée par la voix - et ils peuvent ensuite travailler sur leur colère. Rufus May, célèbre psychologue du Royaume-Uni, le dit souvent, «les voix agressives ou difficiles peuvent être des messagers sur certaines émotions difficiles avec lesquelles nous sommes déconnectées et avec des événements de vie s'y rapportant ... Elles peuvent être des messagers pour les pensées et les sentiments enfouis."

Comment bien vivre avec ses voix

Les gens qui vivent bien avec leurs voix sont ceux qui se considèrent comme plus fort que leurs voix, qui leur fixent des limites et en ont une compréhension. Leurs voix sont moins autoritaires et agressives.

Dans les cultures tribales ou spirituelles traditionnelles, entendre des voix est considéré comme un cadeau à un chaman, prêtre ou prophète. Une étude récente de l'Université de Stanford, qui a interviewé 60 personnes vivant avec la schizophrénie aux États-Unis, en Inde et au Ghana, a constaté que ceux de l'Inde et le Ghana étaient moins susceptibles de se qualifier de schizophrènes. Ils étaient plus susceptibles d'adopter un point de vue positif sur leurs voix imaginaires, les voyant comme aidantes, serviables et sympathiques. Dans notre civilisation occidentale, la route risque d'être longue pour briser le stigma.

Amanda, qui vit dans le Queensland, entend encore ses deux voix originales, ainsi que plusieurs autres, mais elle n'a pas vraiment envie de se débarrasser d'elles. Certaines lui sont précieuses.

Lorsqu'elle recevait un traitement psychiatrique, son mariage et ses relations avec ses enfants se sont détériorées, et, maintenant, ni les uns ni les autres ne font plus partie de sa vie. L'ex-mari d'Amanda trouvait le fait de savoir qu'elle aurait besoin de traitements et de médicaments pour la vie était un trop lourd fardeau, et elle dit qu'elle ne l'en blâme pas. Si, à l'époque, elle avait entendu parler du mouvement des Entendeurs de voix, elle pense que les choses auraient pu être différentes.

Elle espère un jour revoir ses enfants, mais pour l'instant, elle entend leur voix dans sa tête.

Un article publié originellement en anglais sur http://www.news.com.au/lifestyle/health/hearing-voices-the-people-who-say-talking-back-is-the-only-answer/story-fniym874-1227565116373

IMPORTANT : Un groupe d'entendeurs de voix est en train de se monter en France. Pour rentrer en contact avec eux, écrivez à : lesentendeursdevoix@gmail.com

contact en Pays Basque www.jung-neuroscience.com

Tag(s) : #santé

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