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Je reprends mon récit d'hier....
Donc j'étais tranquille à la maison,  en train de repeindre et de réaménager avec l'aide de quelques copains quand  on frappe à la porte : c'était un huissier, et il venait me donner une "signification" pour me dire que je devais quitter l'appart le 29 décembre.

Aussitôt je vais voir différents trucs : l'assistante sociale,  le Bureau d'Aide au Logement, l'Association D aIde aux Locataires etc, etc... Sans compter de nombreuses agences pour trouver un appart de rechange.

Tout le monde me dit : "oui, une expulsion, c'est difficile, mais de toutes façons, c'est en décembre, il ne pourra jamais vous virer, il faut qu'il attende mars". 

J'avais pas vraiment envie d'attendre mars, surtout que mon propriétaire me fait la vie dure depuis qu'il a décidé de me faire partir de chez moi : par ex, je n'ai pas de boîte aux lettres (il a arraché plusieurs fois les boîtes aux lettres que moi, ou mes anciens voisins, installaient) , je n'ai plus (il ma coupé le fil directement depuis le toit) de télé, et je n'ai pas de sonnette chez moi (il en a installé chez tout le monde, avec une porte sécurisée, sauf chez moi).  Donc heureusement que j'ai mes bouquins et la radio sinon je meurs d'ennui à la maison, incapable comme je suis de recevoir des lettres ou des amis ou de regarder la télé...

Bref, je me dis "c'est un bon plan, je vais pouvoir quitter cet endroit, surtout que j'en ai marre du Petit Bayonne, et trouver un appart ailleurs. "

Malheureusement, comme je n'ai pas de famille et assez peu d'amis fortunés, j'ai du m'inscrire au BAL (bureau d'aide au logement) pour avoir  un organisme cautionnaire. 

Le bal


Le BAL est un organisme semi étatique, payé par la mairie de notre ville, avec lequel j'ai déjà eu quelques démélés. Par exemple, il y a quelques années, un médiateur du Bal avait été nommé par le préfet, pour arranger les histoires entre moi et mon propriétaire. Le truc, c'était (d'après insistance du médiateur) que je paye plus pour  le même appartement, en y restant.

J'étais d'accord d'augmenter le loyer de 80 euros (ce qui fait une augmentation  hors champs de l'augmentation annuelle, inédite pour ainsi dire, pour un loyer conventionné) mais le propriétaire n'était pas d'accord, lui, ce qu'il voulait, c'est  plus que me doubler mon loyer, sous prétexte de s'aligner sur les prix du marché (j'ai parlé des problèmes de logement en pays basque dans des articles antérieurs).
Donc, un médiateur a été nommé par le préfet, médiateur qui dépendait du BAL, pour porter mes propositions au propriétaire, qui, à ce moment là, refusait même d'encaisser mon loyer et me traitait de squatteuse.
Malheureusement le médiateur a été chez mon proprio, qui a menacé de le frapper, et ensuite il (le médiateur) m'a annoncé qu'il refusait de prendre en charge notre dossier.
Total nous sommes allés au pénal mon propriétaire et moi, (le médiateur du bal, que j'avais pourtant informé de la convocation, n'est jamais venu) et le juge a jugé que, comme je continuais à payer mon loyer, et que l'appartement était conventioné, je pouvais rester.

Je suis donc restée jusqu'à cette année, où j'ai reçu la fameuse lettre de l'huissier, m'informant que le proprio voulait m'expulser sous prétexte d'y loger sa fille (qui vit dans le même immeuble, un étage au dessous - mais le coup de loger des enfants, c'est imparable, avec ça le proprio a toujours raison).

Donc je me suis assez agité pour trouver des appartements, avec l'aide, soit disant, du bal.

l'aide du bal


En fait, l'aide du Bal consiste à vous infliger une "conseillère en économie sociale et familiale" qui vous aide à faire votre budget...
Comme j'ai dit à la conseillère : "quel budget ??? J'ai le RMI; la première semaine je paye tous mes prélèvements, et ensuite j'essaie de ne pas mourir (j'avais écrit "pourrir") de faim et d'aller jusqu'à la fin du mois".
Bon, n'empêche que je devrais faire valider mon (sic : 370 euros par mois) budget.

D'accord, je dis, et je signe une convention comme quoi j'accepte de mettre à la disposition du BAL toutes les adresses que je trouverais pour me loger, en échange d'une caution et du regard (malveillant) d'une conseillère en économie sociale et familiale pour gérer mes premiers six mois de budget.... Comme je sais que je suis jamais en retard pour mes loyers, je m'en fous...

J'ai signé le truc et depuis, tant pis pour moi... J'ai trouvé plusieurs appartements dans lesquels me loger sans trop de frais, et dans des quartiers qui m'intéressaient - car j'en ai marre du Petit Bayonne - mais chaque fois que j'arrivais au Bal pour leur demander de me faire les papiers, ils me prenaient l'adresse des propriétaires et le numéro de téléphone, et ensuite ils lui téléphonaient pour lui dire qu'ils avaient des gens sur liste d'attente qui étaient plus urgents que moi, notamment des gens avec des enfants en bas âge....

Alors j'ai perdu pas mal de possibilités de déménager comme ça, parce que le BAL me volait mes adresses, ou, pire, parce que je n'avais pas (dans le cas des agences) trois mois de loyer à payer d'avance, le bal ne fournissant qu'une caution de deux mois.

Donc là, je suis dans la merde et je continuerais la suite de l'histoire demain


Tag(s) : #vie privée

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