oh, zut, je ne sais plus quoi écrire, parce que j'ai, pendant tant d'années, tenu le secret sur ma vie privée, que rien de réfléchir à ça, ça me fait tourner la tête...

Donc je viais avec P. depuis un  peu plus de trois ans, quand les choses ont commencé à aller mal. D'abord, il ne voulait plus m'obéir, et se bourrait la gueule tous les  soirs, et n'était plus intéressé que par le "RAPIDO" et la "Française des jeux", notamment les paris sur les matchs de foot.

Il faut dire que quand j'ai rencontré P. je n'étais pas amoureuse de lui, mais d'un autre garçon, qui m'avait déjà amené dans de fières aventures. En outre, ma fille adorée chérie, la perle de mes yeux, me faisait pas mal d'incartades et je ne savais plus comment m'en sortir. P avait une grande influence sur les jeunes, parce qu'il était "recruteur" pour ETA, et amenait les jeunes à adhérer en premier à Gazteriak, en faisant du porte à porte dans les lycées. Gazteriak était la porte ouverte pour ETA et la clandestinité.

Donc, j'avais pas mal de problèmes avec ma fille, et j'étais amoureuse de B., qui voulait, après une énième occupation d'immeubles à Bayonne (squatt) que nous nous déplacions pour squatter l'immeuble d'Izarra (un immeuble "historique" qui a depuis été remplacé par des logements).

B. habitait chez moi, parce qu'il était en train de divorcer et que sa femme ne le laissait plus rentrer à la maison. Il dormait sur le canapé de la salle de séjour, et j'avais une envie folle de faire l'amour avec lui. Ce qui me retenait, c'est surtout qu'il s'entendait mal avec ma fille, lui ayant fait plusieurs fois des remarques parce qu'elle me parlait mal "Sarah, parle correctement à ta mère", ce qui la (ma fille) mettait dans des rages pas possible, et elle me disait "mais enfin, c'est pas mon père, qu'est ce qu'il a à me donner des ordres"...

Par contre, elle respectait beaucoup P. qui avait une aura "nébuleuse", ou "ténébreuse " comme on veut, et qu'elle connaissait par ses actions de militantisme dans son collège.

Bref, tous les trois, accompagné d'une trentaine de personnes (éducateurs, SDF, travailleurs sociaux, artistes) nous occupions les "Etablissement Bernardet", dans le quartier Saint esprit à Bayonne, quand l'histoire s'est déclenchée.

Donc nous occupions les établissements Bernardet, et nous dormions (les quatre "chefs" à tour de rôle et même parfois à plusieurs sur le même matelas, juste sous les toits). C'était une belle période ; nous pensions qu'il y allait avoir des troubles sociaux en l'an 2000, et que nous en profiterions pour faire la révolution. Moi, à l'époque (1999), je croyais beaucoup à Internet et m'imaginai que cela allait changer nos vies. B., P. et moi étions soudés comme les doigts de la main, et nous faisions, une fois par semaine des "réunions secrétes" dans mon appartement pour préparer les motions que nous présenterions ensuite à "l'assemblée permanente". Bref, un jour peut-être je parlerais de tout ça. 

Total, en 1999, et toujours dans l'optique de la révolution, je commence - moi qui étais déjà bien débrouillée , et qui avait Internet ce qui était assez rare à l'époque - à donner des cours d'informatique à trois jeunes qui venaient régulièrement au squatt, dont P.. Je voulais leur apprendr e à faire des sites pour leur permettre de fa ire valoir leurs idées.

Total un jour j'arrive au local de L'Oeil Sauvage, et il y avait un mini regroupement devant chez moi. Parmi les manifestants, P.
Je m'approche et je dis :
"qu'est ce qu'il se passe ? "

Zut, j'en ai marre d'écrire, je continuerai demain.
Tag(s) : #vie privée

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