Le Rapport Pebereau est enfin paru... Enfin, paru si l'on veut... Bien  que de nombreux éditorialistes (de gauche comme de droite) commentassent ce matin le dit rapport, impossible de mettre la main sur un extrait quelconque. Néanmoins, au grès des articles épars, quelques certitudes subsistent :


Résultat de la dette publique: un chiffre astronomique.
Si l'on prend en compte les déficits de l'état, de la sécu et les retraites des fonctionnaires, on arrive à un endettement public de la France de 2.000 milliards d'euros. 120 % de la richesse produite par le pays.

Pulvérisée la limite européenne de 60 %.
En plus, j'adore, la commission, là, elle voit qu'on a oublié d'inscrire 900 milliards au budget de l'Etat et personne s'offusque. Je me vois bien, moi, aller voir mon inspecteur des impots et lui dire : euh, excusez moi, mais j'ai fait une petite erreur de comptabilité, il me manque 900 milliards d'euro ! ... J'irai au moins en prison... à moins que l'on ne me fasse des ponts d'or et qu'on ne me nomme ministre...


"Dans les années 70, notre endettement ne dépassait pas les 20 %.

Mais depuis, il n'a pas cessé d'augmenter. Giscard, Mitterrand, Chirac, gauche-droite, personne n'a su ou voulu stopper cette dérive", disait un chroniqueur sur le web.
Moi ce que j'en pense, c'est que ça fait un petit bout de temps qu'on nous vend la France par petits bouts, gauche et droite d'accord, tous énarques unis par le même sort, se remplir les poches.

L'endettement en soi n'est pas condamnable, disent les économistes de tout poil, à condition qu'il ait servi à des dépenses d'infrastructure. C'est ce qu'on appelle une politique Keynésienne, inaugurée par Roosevelt aux USA pendant la grande crise, et a servi à batir les infrastructures du pays (politique de grands travaux). Actuellement en France, nous avons un déficit énorme constitué principalement des dépenses de l'état qui, pourtant, a "cédé" beaucoup de charges aux régions et aux départements. Le déficit aurait du donc baisser. En outre, à ce stade là, ce n'est plus de l'endettement, c'est du surendettement ! Pendant ce temps là, France Info nous sert la soupe et parle de politique "néokeynesienne" (on dépense de l'argent, oui, mais pour rien)


Et aujourd'hui, la France est surendettée. On se retrouve
pire qu'une république bananière...

Oui, c'est grave. Parce que ce sont nos enfants qui devront payer la facture. Chaque Français qui naît démarre dans la vie avec une dette de 32 000 euros. Merci les gestionnaires de l'Etat !
C'est grave, parce que ça prive le gouvernement de toute marge de manoeuvre budgétaire. Le paiement des intérêts de la dette absorbe la totalité de l'impôt sur le revenu (par exemple, peu de gens le disent, mais le rapport Pebereau insiste bien sur la necessité d'arrêter les baisses d'impôt et les cadeaux aux entreprises, qui engendrent eux même des déficit dans le budget.(forcemment, si on a un déficit et qu'on supprime les recettes, ça va pas le faire, même le marchand de sandwich du coin sait ça). . .


Mais surtout, on a une bombe atomique financière au dessus de nos têtes.

Aujourd'hui, les taux d'intérêt sont bas. Si jamais ils s'envolaient, la France serait tout simplement en faillite.

En effet, la dette de la France est négociée sur les marchés internationaux, et dépend donc des taux d'intérêt mondiaux. Si tout à coup l'économie américaine, par exemple, se portait mieux, et décidait de remonter les taux d'intérêt, notre dette, dont les taux d'intérêt (merci la banque européenne) sont indexés sur ceux du dollars, se verrait grêvée d'autant !


"L'avantage du rapport Pebereau c'est de montrer l'urgence qu'il y a à réduire nos déficits budgétaires, sociaux et des retraites reste maintenant à passer aux actes". disait l'éditorialiste des Echos. Oui mais...
Oui mais les échos radiophoniques de la manière dont notre gouvernement a apréhendé le rapport me laissent sans voix.
On nous dit qu'il va falloir diminuer le nombre de fonctionnaires et faire une réforme des retraites.. N'avons nous rien d'autre à vendre que notre système social ?
En parlant des fonctionnaires je lisais l'autre jour une statistique intéressante : depuis 2004 le nombre de fonctionnaires dévolus aux fonctions '"régaliennes" (police, prison, crs, douannes etc) est devenu supérieur au nombre de fonctionnaires "normaux", c'est à dire chargés de faire fonctionner les administrations du pays.
Puisqu'on augmente les forces répressives et qu'on veut diminuer le nombre d'agent actif, qu'allons nous devenir ?
Tout à l'heure, un ami marocain rentrait dans mon bureau pour me dire bonjour. Il rentre et il me dit "Alors ça y est, la France c'est foutu ! Vous vendez vos autoroutes !" Il avait l'air désolé, le pauvre et il me disait "franchement, qui aurait pu penser que ça allait tourner comme ça en France, dans des pays comme le mien, encore, on comprend, on est pas trop habitué à la démocratie, mais vous, comment ça peut vous arriver des choses pareilles ?"
J'en ai marre de recevoir les condoléances de mes amis étrangers, je ne sais pas du tout comment les choses vont tourner.

Bon, allez zou, il faut que j'aille manger, ce soir chez ma copine Dominique (pas celle qui est morte, l'autre).
Pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, n'oubliez pas de signer la pétition contre la loi DADVSI sur les droits numériques dont je parle dans mon article d'hier en cliquant ici . Pour l'instant, les membres du gouvernement refusent absolument de recevoir les initiateurs de la pétition, mais ce matin, le nombre de signataires atteignait les 88.000 : si on monte à 100.000 avant le passage de la loi, on pourra peut-être la faire reconsidérer.
 
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