Pour la première fois, l'association Reporters sans frontières évoque la censure effectuée par certains pays sur la Toile. L'an dernier, plus de 2 600 sites ont été fermés ou suspendus.

La rédaction , 01net., le 04/01/2008 à 16h22

Dans son bilan annuel sur la liberté de la presse, l'association Reporters sans frontière a publié pour la première fois des chiffres spécifiques sur Internet, au même titre que ceux concernant les journalistes de presse écrite ou audiovisuelle.

En 2007, 2 676 sites ont ainsi été fermés ou suspendus. Selon l'association, certains gouvernements, la Chine, la Birmanie ou la Syrie en tête, rêvent de transformer le réseau des réseaux en un simple intranet à la communication bouclée. « Dans certains pays, Internet est désormais autant censuré que la presse traditionnelle. La Chine est le plus grand censeur du Web sur la planète. La cyberpolice y fait preuve d'un zèle inquiétant avant chaque événement politique d'ampleur », commente Reporters sans frontières qui a publié à la fin de 2007, un rapport détaillé sur la censure de la Toile en Chine.

Car, c'est au Pays du Milieu que revient la palme de la censure. Lors du dix-septième congrès du parti communiste chinois, quelque 2 500 sites et blogs ont été interdits en quelques semaines. Un black-out que certains craignent de voir se reproduire lors des prochains Jeux olympiques (lire l'encadré).

La Syrie, elle, a bloqué l'accès à plusieurs services phares du Net en fin d'année, tels la messagerie électronique Hotmail, le logiciel de voix sur IP Skype ou encore le réseau social Facebook. Ils seraient tous trois accusés par le gouvernement de Damas d'avoir été infiltrés par les services secrets israéliens.

Des blogueurs interpellés et agressés

En octobre 2007, la junte militaire au pouvoir en Birmanie a tout simplement coupé l'accès à la Toile mondiale pour tarir le flot d'informations qui sortait du pays via Internet lors des manifestations des moines.

L'an dernier, les nouveaux « journalistes citoyens » ont aussi payé de leur personne. Quelque 37 blogueurs ont été interpellés et 21 agressés. Dernier exemple en date, le Saoudien Ahmad Fouad al-Farhan qui a été arrêté le 10 décembre dernier. Ce blogueur dénonçait sur son site la corruption des dirigeants du pays et le traitement des prisonniers politiques. Il est toujours sous les verrous et maintenu au secret.

« Nous sommes inquiets de la multiplication des cas de censure sur la Toile. De plus en plus de gouvernements ont pris la réelle mesure du rôle essentiel que peut jouer Internet dans le combat pour la démocratie et mettent en place de nouveaux moyens pour censurer le Réseau. Les autorités des pays répressifs s'en prennent désormais avec la même force aux blogueurs et aux journalistes en ligne qu'aux employés des médias traditionnels », expliquait Reporters sans frontières en début d'année.

YouTube et consorts menacés en Chine

A la veille des Jeux de Pékin, le gouvernement chinois a annoncé qu'il entendait renforcer le contrôle de la diffusion de vidéos sur Internet. Sur le site Internet de l'Administration d'Etat de la radio, des films et de la télévision, on apprend que seules les sociétés contrôlées par l'Etat auront le droit de diffuser des vidéos en ligne, grâce à un permis renouvelable tous les trois ans, selon l'AFP.

« Ces règles ont été formulées pour sauvegarder les intérêts de la nation et du public ainsi que le développement sain et ordonné du secteur audiovisuel », selon une traduction par l'AFP du texte officiel.

Ces mesures devraient entrer en vigueur dès le 31 janvier prochain. Une date à partir de laquelle les internautes chinois n'auront - si les règles sont appliquées strictement - plus la possibilité de consulter YouTube ou les autres plates-formes privées de partage de vidéos.

Les sites Web 2.0 sont perçus comme autant de menaces pour les régimes totalitaires, puisqu'ils sont une porte ouverte sur les démocraties occidentales.

Tag(s) : #démocratie

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