De nouveaux cas de grippe aviaire ont été découverts ce week-end dans trois pays de l'Union européenne : l'Italie, la Grèce et la Slovénie. A chaque fois, il s'agissait de cygnes sauvages. Mais pour l’Union européenne, pas de panique.

 Un nouveau cas suspect de grippe aviaire a été détecté dimanche en Italie. Après les cygnes retrouvés morts du virus H5N1 dans trois régions du sud, un autre volatile a été découvert dans le centre du pays. Des analyses sont en cours. La Slovénie a également fait état dimanche de cas suspects en confirmant la découverte du virus sur un cygne près de la frontière autrichienne. Des tests complémentaires y sont là-aussi effectués pour déterminer s'il s'agit de la forme H5N1 hautement pathogène.

Deux jeunes Grecs, qui présentaient des symptômes évoquant la grippe aviaire, ont été hospitalisés par prévention à Salonique (nord). Trois cygnes ont été retrouvés morts jeudi près de Salonique, la deuxième ville du pays. Une oie porteuse du virus H5N1 a également été retrouvée morte sur l'île égéenne de Skyros (nord-est).

Le mot d'ordre de l'Union européenne est de ne pas paniquer et d'appliquer le plan prévu. Du côté belge, on évite également de paniquer en rappelant les mesures déjà en vigueur. Vu qu’il s'agissait de cygnes sauvages, le risque de transmission à l'homme est réduit. En outre, la Grèce et l'Italie sont traversées par des oiseaux migrateurs qui ne passent pas au-dessus de nos contrées.

Pas de panique

Pas de panique donc, les cygnes contaminés sont des oiseaux qui ne migrent pas dans notre direction. Ils sont sur un couloir de migration plus oriental, qui draine des oiseaux venant du sud-est de l'Europe et de la proche Sibérie. Les oiseaux qui sont sur un couloir de migration occidentale, qui inclut donc la Belgique, viennent de Scandinavie, du nord de la Russie ou du coin nord-ouest de la Sibérie. Ils arrivent chez nous et certains continuent leur migration vers la France, la péninsule ibérique ou l'Afrique Occidentale.

Ce sont des oiseaux qui ne se mêlent pas à des oiseaux qui vont hiverner en Turquie ou en Grèce. Dans ce grand couloir occidental, jusqu'à présent il n'y a pas eu un seul cas de virus H5N1. Pour Jean Paul Jacob, responsable d'Aves, la principale association ornithologique de la communauté française, « Ce qu'il faut faire, c'est maintenir le système de prudence et d'observation qui a été mis en place en Belgique et dans les pays voisins. Rester sur ses gardes et ne pas paniquer.

En Belgique

Et puis à Lommel, dans le Limbourg, des promeneurs ont découvert dimanche matin le cadavre d’un cygne et l'Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) doit ouvrir une enquête sur les causes de la mort de ce cygne. Les responsables sanitaires n'écartent pas l'hypothèse d'un cas de grippe aviaire.

Pourquoi les cygnes sont-ils pour l'instant les principales victimes ? Jean Paul Jacob, responsable d'Aves, la principale association ornithologique de la communauté française, réponde que « Ce n'est pas étonnant dans la mesure où la famille des canards, les anatidés, est une famille reconnue pour être sensible à ce virus. Comment ces cygnes ont-ils attrapé la maladie ? Il peut y avoir dans les oiseaux ce que l'on appelle des porteurs sains ou des porteurs plus ou moins sains, qui savent véhiculer un virus. Comme chez nous, on peut être porteur de quelque chose sans le développer. »

Au Nigéria et en Indonésie

Pendant ce temps, en Afrique, l'inquiétude grandit encore. Au Nigéria, la vente de volailles vivantes, et peut-être infectées, se poursuit massivement sur les marchés. Les experts envoyés par les organisations internationales commencent à arriver au Nigeria avec du matériel. Deux cents tenues de protection ont été acheminées depuis le Sénégal. Sur le terrain, les autorités procèdent à l'abattage de milliers de volailles. Mais le virus ne perd pas de temps non plus. Sa présence est avérée ou fortement suspectée dans cinq états de la Fédération, contre un seul mercredi dernier. De grandes quantités de poulets contaminés sont écoulées en hâte par les éleveurs dans les régions infectées. La FAO a demandé la fermeture de tous les marchés de volailles.

En attendant des renforts, l'Organisation Mondiale de la Santé utilise les réseaux de lutte contre la poliomyélite au nord du pays pour détecter d'éventuels cas humains. Deux enfants de Kadima, qui vivaient dans une ferme infectée, subissent des tests médicaux. Les experts n'auront pas la tâche facile. La zone touchée s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres depuis le centre du pays jusqu'à la frontière avec le Niger. Le Nord du Nigeria est rural, densément peuplé et très pauvre en infrastructures sanitaires.

Et puis quatre Indonésiens ont été hospitalisés avec des symptômes ressemblant à ceux de la grippe aviaire. Des analyses réalisées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avaient confirmé dimanche que la grippe aviaire était à l'origine de deux nouveaux décès en Indonésie, portant à 18 morts le bilan humain de l'épizootie dans le pays.


2006/02/13
d'après "Pure FM"
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