Fuite nucléaire à la Centrale de Tricastin (Bollène, 84, France), Uranium


Hier soir je n'avais pas envie de dormir ou d'écouter la radio, je me mets donc à Internet. Tout de suite, une nouvelle m'interpelle : quoi ? Une fuite nucléaire au Tricastin, en Provence, à deux pas de toute ma famille.


On parle alors d'une fuite de 30.000 m3 d'eau contaminée à 12 %, soit, environ 360 kilos d'uranium évanouis dans la nature ( et plus particulièrement dans les nappes phréatiques). Heureusement – nous dit-on - l'uranium n'était pas enrichi : il suffira de « surveiller » le niveau d'irradiation des dites nappes.

« C'est pas grave, ça va passer », dit en substance l'Agence de Sécurité du Nucléaire. Ca va passer, oui, mais dans combien de milliers d'années ?

Selon l'Agence de sécurité du  nucléaire, la filiale d'Areva chargée d'épurer les effluents d'uranium, a mis 12 heures à communiquer.

« Le Parisien » de demain, cite aujourd'hui sur son site internet les disfonctionnements des processus de sécurité nucléaire.

Disfonctionnement des règles de sécurité

En effet, de filiale en filiale et de sous traitance en sous traitance, la société Socatri - filiale d'Areva chargée d'épurer les effluents d'uranium de la centrale nucléaire du Tricastin - a mis plus de 12 heures à mesurer l'importance de la fuite d'une de ses cuves de rétention, a indiqué mercredi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

«L'exploitant a fait une déclaration à l'ASN où il indique que le débordement a eu lieu à 23 heures» lundi, a déclaré lors d'une conférence de presse le directeur général de l'ASN Jean-Christophe Niel. «L'ASN a été prévenue vers 7h30 le matin (mardi) et l'exploitant a pris la mesure de l'importance du rejet vers midi», a-t-il ajouté.


Ce délai s'explique par « le fait que l'ampleur du rejet dans les cours d'eau» n'a pas été mesurée directement mais «a été constatée par l'ampleur du rejet de la radioactivité dans l'environnement», a-t-il détaillé.

A part ça, on ose nous dire que rien de notable ne s'est passé : il faudrait savoir, soit il y a « ampleur de rejet de radioactivité » dans l'environnement, soit il n'y a rien.


Mais qu'est ce que « le Tricastin » ?

J'ai fait plusieurs recherches, le "tricastin" était appelé, dans les années 80 "le site de PIerrelate".  Sur Internet je n'ai rien trouvé de plus concluant que le site de wikipédia que je vous cite in extenso :

Le site nucléaire du Tricastin est un site de fabrication de combustible nucléaire français de la fin des années 1970 du groupe Areva situé sur quatre communes Saint-Paul-Trois-Châteaux et Pierrelatte dans la Drôme et Bollène et Lapalud dans le Vaucluse et deux départements (Drôme (26), Vaucluse (84)) sur la rive droite du Canal de Donzère-Mondragon (canal de dérivation du Rhône) entre Valence (70 km en amont) et Avignon (65 km en aval).

Les deux tours de réfrigération de l'usine Eurodif du Tricastin.

Les deux tours de réfrigération


Composante du site

Le site du Tricastin est le plus important site industriel nucléaire français, voire du monde, après l'Usine de retraitement de la Hague. Il est réparti sur 600 hectares avec plus de 5 000 employés et un important réseau d'entreprises sous traitantes. Il comprend plusieurs entreprises dont :

Centrale nucléaire du Tricastin

La centrale nucléaire du Tricastin comprend quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) de 3 660 MégaWatt (quatre tranches de 915 MégaWatt (MW)). Construite en 1974, mise en service en 1980 et 1981. L'usine d'enrichissement Eurodif consomme environ 17 TWh par an, soit 2/3 de la production de la centrale qui produit environ 25 TWh/an (6% de la production nationale). Cette proximité permet d'éviter des pertes dues au transport de l'électricité. Le refroidissement de la centrale est assurée par le Canal de Donzère-Mondragon (canal du Rhône).

Le combustible neuf arrive en provenance du Tricastin situé juste en face par voie ferroviaire. De même les déchets radioactifs partent par train à destination de l'usine de retraitement des déchets de la Hague (Transport du combustible nucléaire).



Donc, de cet extrait - car cet article, que vous trouverez là, est beaucoup plus long - on voit que la centrale du Tricastin consomme les deux tiers de l'énergie qu'elle produit pour s'auto-alimenter. Le ratio n'est pas terrible, selon moi.

Communiqué de Réseau Sortir du Nucléaire

Le Réseau Sortir du Nucléaire a émmis un communique qui dit :

« On peut véritablement penser que, dans un premier temps, Areva a pensé pouvoir cacher l'existence de cet accident, avant de se rendre à l'évidence : l'ampleur du rejet fait que, tôt ou tard, l'affaire aurait été connue. Il y a donc vraisemblablement eu mise en danger délibérée de la population, avec de possibles contaminations.

De façon générale, cette rétention d'information permet de douter des informations données par Areva : puisqu'ils ont caché la vérité à cette occasion, comment leur faire confiance le reste du temps ?

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que l'industrie nucléaire fait courir continuellement à la population un risque intolérable. Faut-il attendre un Tchernobyl français avant de prendre les décisions qui s'imposent ? Un rassemblement antinucléaire européen, samedi 12 juillet (14 h place de la République) à Paris, permettra aux citoyens d'exprimer la nécessité de sortir du nucléaire. »

 

Manifestation Nationale organisée par Réseau sortir du Nucléaire et Greenpeace

Il y a donc un

Appel National

à venir manifester

ce samedi 12 juillet 2008,

Place de la République,

à Paris,

surtout en ces temps troublés où un Président de la République omnipotent décide d'augmenter le nombre de centrales françaises (et par le monde), au nom de la chasse au CO2.

Ce n'est pas le fait que nous ayions le nucléaire qui nous fera émettre moins de CO2. En effet, nous (la France), sommes le premier producteur actuellement d'énergie nucléaire, et faisons en même temps partie de ceux qui émettent le plus de CO2. Il n'y a aucune corrélation entre puissance nucléaire et émission de CO2.









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