Nouvelle fuite d'uranium signalée dans la Drôme



 

(D'après Reuters, le Figaro, et Nouvel Obs) -

Encore une fuite nucléaire dans une usine Aréva - plusieurs années d'incurie

Une nouvelle fuite d'uranium, dont l'ampleur n'est pas encore connue, a été signalée à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) par une usine franco-belge du groupe Areva, à Romans-sur-Isère (Drôme), annonce ce matin vendredi l'ASN dans un communiqué.

La fuite, constatée lors d'une opération d'entretien durait selon l'exploitant depuis plusieurs années.

«Les premières analyses montrent qu'il n'y a pas du tout d'impact sur l'environnement car les quantités d'uranium sont très faibles, de l'ordre de quelques centaines de grammes», a assuré l'Autorité de sûreté nucléaire. Oui, mais depuis plusieurs années, ça fait combien de fois de centaines de grammes ?

L'ASN dit avoir constaté que la canalisation reliant un atelier de fabrication de combustible à une station de traitement, n'était pas conforme à la réglementation.

Non conformité des sites selon l'Areva

Areva a assuré que la fuite était circonscrite au site et n'avait "aucun impact sur l'environnement". Elle propose de classer l'incident au niveau 1 de l'échelle internationale des événements, juste au-dessus du niveau zéro qui est le plus bas. Or, "rejet d'éléments nucléaire dans les affluents", devrait, selon les termes même de l'ASN, être classé, au minimum, au niveau deux.

L 'ASN ne se prononce pas sur l'ampleur de la contamination de l'environnement et annonce que des mesures vont être faites.Elle relève, par ailleurs, «la non-conformité de cette tuyauterie vis-à-vis des exigences de la réglementation applicable qui demandent une capacité de résistance aux chocs suffisante pour éviter leur rupture». Mais, ajoute -t-elle «La nappe phréatique est très éloignée et le sol est très étanche». Ouf, on peut respirer...

L'usine franco-belge FBFC de fabrication de combustible a informé l'ASN jeudi vers 17h00 "de la rupture d'une canalisation enterrée de rejets d'effluents liquides uranifères". Les journaux du jour n'en font aucunement mention.

INSPECTIONS SUR TOUS LES SITES FRANCAIS

Trois inspecteurs de l'ASN se sont rendus sur place dans la nuit de jeudi à vendredi et ont relevé "que la rupture de cette canalisation enterrée daterait, selon l'exploitant, de plusieurs années".

L'usine devait procéder vendredi au nettoyage de la zone contaminée, et l'ASN lui a demandé d'analyser la totalité des matériaux retirés "pour évaluer la masse d'uranium présente", dit l'ASN.

"Les inspecteurs ont relevé la non-conformité de cette tuyauterie vis-à-vis des exigences de la réglementation applicable qui demandent une capacité de résistance aux chocs suffisante pour éviter toute rupture", ajoute l'ASN.

Cet incident fait suite à une autre fuite survenue le 7 juillet à l'usine de retraitement Socatri, autre filiale d'Areva, sur le site de la centrale de Tricastin, après le débordement d'une cuve de rétention lors d'une opération de nettoyage.

Taux importants d'uranium dans les nappes phréatiques : une pollution ancienne

Après cet incident, des taux anormaux d'uranium, qui semblent sans rapport apparent avec l'incident Socatri, ont été relevés dans l'environnement. On ignorait dans l'immédiat s'il existait un rapport entre l'affaire de Romans et les taux anormaux relevés près de Tricastin.

Des mesures conservatoires restreignant l'usage et l'accès à l'eau potable ont été prises à la suite du premier incident dans plusieurs communes et sont toujours en vigueur.

La Socatri ayant pris plus de huit heures pour signaler l'incident à l'ASN, qui à son tour n'en a informé les autorités locales que six heures plus tard, l'affaire a suscité l'indignation des associations écologistes qui parlent de "rétention délibérée d'informations".

LA COMMISSION EUROPÉENNE EN CONTACT AVEC PARIS

Ils ont aussi relevé que des déchets d'une ancienne usine militaire de traitement d'uranium ayant fonctionné sur le site de Tricastin de 1964 à 1996 étaient stockés, sans précaution, sous une butte de terre.

L'ASN a saisi la justice et Areva a annoncé jeudi le remplacement du directeur général de la Socatri. Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, devait se rendre à Tricastin et à FBFC vendredi.

Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, devait donner une conférence de presse dans la matinée. Il a annoncé un contrôle des nappes phréatiques à proximité de toutes les centrales nucléaires françaises, qui produisent environ 80% de l'énergie électrique du pays.

Les écologistes demandent cependant que ces études portent sur tous les sites nucléaires français et leur environnement proche, et non sur les seuls sites des centrales.

A Bruxelles, Feran Tarradellas, le porte-parole du commissaire européen à l'Energie Andris Piebalgs, a déclaré que la Commission européenne était en contact étroit avec les autorités françaises depuis l'incident de Tricastin.

La France, comme tous les autres pays de l'UE, est obligée d'activer le système européen d'alerte en cas de fuite radioactive si elle estime que des mesures de protection de la population sont nécessaires.




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