Demain a lieu le Biltzar des Ecrivains de Sare.
Biltzar veut dire "réunion" en basque, et, dans la région, nous avons plein de petits et gros Biltzar (biltzar de la photo, biltzar des maires etc). Le Biltzar de Sare est donc la réunion des ecrivains du Pays Basque. Ce sera ma treizième édition.
Comme d'habitude, j'ai encore oublié de m'inscrire : j'arriverai donc demain avec quelques bouquins et la mine contrite et, si les organisateurs sont sympas, ils auront quand même pensé à moi et m'auront gardé une petite place avec un cartouche à mon nom. Sinon, tant pis, j'errerai de table en table en serrant la paluche aux copains...

Ce qui est très agréable, dans le biltzar de Sare, c'est que tout est fait pour les écrivains : les stands sont gratuits, l'équipe du Syndicat d'initiative sympathique et dévouée, le repas de midi (on mange par grandes tablées de 12, rien qu'entre gens qui écrivent) presque pour rien.
Malheureusement, depuis quelques années (trois), l'entrée au salon est devenue payante, dans un souci, me dit-on, de professionnalisation. Je ne vois rien de professionnel à faire payer trois euros l'entrée dans la salle des sports de Sare pour contempler des auteurs comme des ours dans leur zoo. Auparavant -je veux dire, avant que ce soit payant - j'avais toujours plein de monde pour venir me voir, et me donner un coup de main au stand. En même temps, mes bénévoles en profitaient pour acheter un bouquin ou un cd au stand d'à côté.  Maintenant, il faut que mes bénévoles payent trois euros pour me parler, cela me géne, je n'invite plus personne et personne ne vient. Ou alors, c'est comme il y a deux ans, on m'appelle à l'accueil, on me dit "quelqu'un vient vous parler" et je me retrouve avec une copine devant la porte qui me dit "sophie, on est venus te voir, mais on va pas rentrer, c'est payant, on reste dehors, vient boire un bière avec nous (cette fois là, ils étaient 9 personnes, et n'avaient aucune envie de payer 27 euros pour voir ma pomme, total, il n'y avait personne au stand). Ceci mis à part, je plébiscite le Biltzar, qui est né, rappelons le, d'une initiative isolée.

L'année dernière je n'y suis pas allée parce que Patrick venait de mourir et que je ne supportait pas l'idée qu'on puisse me poser des questions sur sa mort. Cette année, j'ai bien failli faire la même, mais comme j'ai promis d'emmener un copain qui se lance dans l'édition, me voici au pied du mur. Dieu merci le monde basque est assez discret sur tout ce qui touche à la vie privée, je pense qu'on ne me posera pas trop de questions. Mais j'ai un autre chagrin cette année, dont j'ai déjà parlé dans ce blog : ma copine Domenika a été assassinée par son mari, et moi qui mangeait avec elle tous les lundi de Paques depuis 13 ans, je sais que je vais avoir un gros trou au coeur demain à l'heure du repas.
Tag(s) : #écriture

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