Colère des écologistes après la décision de Sarkozy de lancer un second EPR

Les organisations écologistes ont vivement condamné vendredi la décision de Nicolas Sarkozy de valider la construction d'une seconde centrale EPR en France, une "erreur historique" pour France Nature Environnement (FNE). 

Après celle de Flamanville (Manche) en cours de réalisation, l'Elysée a annoncé jeudi soir que le président avait confirmé le lancement de la réalisation d'une seconde centrale nucléaire de type EPR, réacteur de nouvelle génération, en France sur le site de Penly en Seine-Maritime. GDF Suez sera associé à ce projet d'EDF.

Greenpeace a aussitôt annoncé qu'elle allait "employer les moyens les plus adaptés pour contrer cette décision absurde", qui "n'a qu'un seul objectif: satisfaire quelques lobbies comme Areva, EDF ou GDF-Suez". Pour Yannick Rousselet, de Greenpeace France, cette décision "signe l'avis de décès du Grenelle de l'environnement: c'est le signe qu'en France, on privilégie la consommation tous azimuts, et non l'efficacité énergétique et les renouvelables".

Greenpeace dénonce en outre un "déni total de démocratie", jugeant que lancement d'un second EPR constitue "le choix du prince: aucune concertation, aucune rationalité économique, aucune évaluation indépendante des coûts, des avantages et des inconvénients des différents modes de production électrique, aucune prise en compte des conséquences sanitaires et économiques des déchets radioactifs". Pour Greenpeace, ce second EPR "contredit les engagements du Grenelle", soulignant que "l'électricité construite par les EPR ne répond à aucun besoin énergétique national".

Dans un communiqué, la fédération FNE exprime son "sentiment de révolte" face à une décision "sans doute conforme à l'intérêt du lobby nucléaire mais pas à l'intérêt général". Elle dénonce aussi "un grave recul de la démocratie écologique", rappelant "que la décision de création du premier réacteur nucléaire EPR à Flamanville avait déjà été prise avant même l'organisation d'un débat public".

"Le développement du nucléaire est contraire à celui des énergies renouvelables", dénonce Sébastien Genest, président de FNE dans un communiqué. "Nous sommes consternés par l'empilement de décisions à courte vue", ajoute-t-il, citant notamment la "relance de trois programmes autoroutiers", ou l'"octroi d'aides d'Etat au secteur automobile ou aéronautique sans contreparties environnementales".

"Face à ce nouveau coup de force", le Réseau "Sortir du nucléaire" a aussi annoncé "qu'il attaquera en justice les autorisations de construction du nouvel EPR". "Les incroyables déboires rencontrés par EDF et Areva, respectivement sur les chantiers des EPR de Finlande et de Flamanville, devraient suffire à écarter tout nouveau projet d'EPR", souligne-t-il dans un communiqué. "Le nucléaire est une industrie du siècle passé, dangereuse et archaïque, chère et polluante".

"La construction d'un nouvel EPR empêchera la France de respecter son engagement européen de 20% d'énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie en 2020", dénonce Sortir du Nucléaire, pour qui le projet n'est pas seulement "irresponsable sur le plan environnemental", mais aussi "absurde sur le plan économique". Le réseau conteste qu'il soit bénéfique pour l'emploi: "après 50 ans d'investissements massifs, le nucléaire emploie moins de 100.000 personnes en France".

Au contraire, le maire de Dieppe, et vice-président du département, Sébastien Jumel, s'est félicité de cette décision qui apporte selon lui une "véritable bouffée d'oxygène pour Dieppe et sa région". Elle "conforte la stratégie industrielle engagée par l'entreprise publique EDF et l'ensemble de ses agents dans le développement des moyens de production énergétiques sans CO2", a-t-il souligné dans un communiqué. "C'est également une excellente nouvelle pour notre pays et l'emploi sur notre territoire". AP

Tag(s) : #écologie

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