Les Français partagés sur l'évolution du climat social

Guillaume Tabard
30/01/2009 | Mise à jour : 21:45
 
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(AFP/MEDINA)
(AFP/MEDINA)

50 % croient à un mouvement analogue à celui de l'automne 1995.

Plus encore que la tempête météorologique du week-end, la tempête sociale de jeudi a occupé les conversations cette semaine.

Mais le mouvement partage les Français. Ils sont aussi nombreux à penser que la grève fut un succès (45 %) qu'à considérer qu'elle ne fut ni un succès ni un échec (44 %), selon l'enquête OpinionWay réalisée pour Le Figaro et LCI . Mais c'est surtout sur la suite du mouvement que les Français sont partagés. Ou plutôt hésitants et dubitatifs.

50-50. Ils sont aussi nombreux à croire que la grève de jeudi puisse se transformer en mouvement de grande ampleur, analogue à celui de 1995. Pour obtenir le retrait du plan Juppé, la grève avait alors duré un mois, avec une paralysie totale des transports publics. Trois électeurs de gauche sur quatre parient sur une telle évolution, mais aussi un électeur de François Bayrou sur deux et même un électeur sur quatre de Nicolas Sarkozy.

 

Mobilisation forte à gauche

Sur cette évolution vers un mouvement de type 1995, OpinionWay a posé trois questions aux sondés. La première sur le pronostic. La seconde sur le souhait. La troisième sur l'implication personnelle. Le nombre de réponses positives diminue à chaque fois : 50 % croient en une telle transformation ; 46 % la souhaitent et 42 % se disent prêts à «participer» à un tel mouvement. La diminution est logique. Mais le taux aussi élevé de personnes prêtes à s'engager personnellement est révélateur d'une forte inquiétude. La mobilisation est en particulier forte à gauche : parmi les électeurs de Ségolène Royal, 74 % souhaitent une grève de grande ampleur et 75 % sont prêts à y participer.

À l'incertitude des Français s'ajoute une inquiétude. Que la crise financière conduise à une «radicalisation» des conflits et à des actions «violentes». C'est la crainte de deux Français sur trois. Le plus troublant est que ceux qui pronostiquent une radicalisation sont aussi ceux qui souhaitent une prolongation du mouvement social : les électeurs de gauche.

Dans ce climat, Nicolas Sarkozy est crédité de sa détermination (71 %), y compris à gauche, mais, revers de la médaille, les Français ne croient pas en sa capacité d'écoute (28 %). Mais si le scepticisme subsiste sur la capacité du chef de l'État à régler la crise économique, la gauche n'est pas perçue pour autant comme une alternative crédible : 22 % des Français croient qu'elle ferait mieux. Même à gauche, ils ne sont qu'un sur deux à le croire.

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