La police charge des centaines de manifestants anti-Davos à Genève

il y a 1 heure 13 min

AFP

La police a chargé plusieurs centaines de manifestants anti-Forum de Davos qui s'étaient rassemblés samedi après-midi dans le centre de Genève en dépit d'une interdiction, ont constaté des journalistes de l'AFP. Lire la suite l'article

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La police interpelle des manifestants anti-Davos à Genève le 31 janvier 2009 Agrandir la photo

Les manifestants - entre 500 et un millier, selon les organisateurs - s'étaient rassemblés dans le quartier de la gare Cornavin, la principale de la ville. Ils ont été immédiatement bloqués par d'importantes forces de police lorsqu'ils ont voulu défiler.

Après des jets de bouteilles et de gros pétards, la police anti-émeute a riposté en chargeant le cortège et en tirant des grenades de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, a constaté l'AFP.

Pendant ce temps, une manifestation autorisée de plusieurs dizaines de personnes s'est déroulée à Davos même, sans autres incidents que quelques lancers de boules de neige et de chaussures. La police est restée discrète, se bornant à empêcher les manifestants de pénétrer dans le périmètre réservé au Forum économique mondial (WEF).

A Genève, des incidents et des affrontements sporadiques se sont poursuivis toute l'après-midi entre la police anti-émeutes, soutenue par un canon à eau, et "une petite centaine d'éléments radicaux". "C'était prévu", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police genevoise Jean-Philippe Brandt.

La situation était revenue à la normale en début de soirée, a constaté l'AFP sur place.

Environ 130 contrôles ont été effectués, dont "80 un peu plus poussés à l'hôtel de police", a indiqué la responsable de la police genevoise Monica Bonfanti à la Radio suisse romande (RSR).

Une trentaine de personnes avaient été interpellées préventivement et conduites au poste de police jusqu'à la fin de la manifestation.

Il n'y a pas eu d'arrestations, les personnes interpellées ayant été relâchées, et la manifestation s'est soldée par "zéro dégâts" et "zéro blessés des deux côtés", s'est félicitée Mme Bonfanti. Quelques badauds, nombreux à faire leurs courses du week-end, ont été incommodés sans gravité par les gaz lacrymogènes dans un centre commercial souterrain attenant à la gare Cornavin, a-t-elle concédé.

Outre le quartier de la gare, la police avait mis sous surveillance les luxueuses vitrines des rues commerçantes de Genève et le quartier des banques.

Avant que les manifestants tentent de former un cortège, les organisateurs avaient lancé des appels au calme tout en protestant vigoureusement contre l'interdiction du rassemblement.

Eric Decarro du syndicat Solidarités s'est indigné que "le gouvernement du canton de Genève (ait) interdit une manifestation pour la première fois en 35 ans".

Une banderole réclamait la "liberté d'expression" tandis que d'autres dénoncaient "l'arnaque générale capitaliste" et "les maîtres chanteurs du WEF (qui) mettent notre avenir en vente". Des manifestants déguisés en clowns tournaient en ridicule les forces de police.

L'ancien expert de l'ONU pour le droit à l'alimentation, le sociologue suisse Jean Ziegler, a pris la parole pour dénoncer l'interdiction de la manifestation qui "viole les droits fondamentaux", selon lui.

"Les leaders réunis à Davos polluent la planète et font payer aux autres les dégâts et la misère qu'ils provoquent", a dénoncé Florence Proton d'ATTAC
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