Ce matin vers neuf heures, j'étais tranquillement dans mon lit, en train de jouer avec le chat, j'entends un bruit? Sans ouvrir, je jette un coup d'oeil :c'était un tchnicien EDF, en train de me couper l'électricité. Il faut dire qu'on me l'avait déjà coupée depuis trois semaines - pour facture impayée- et que, exaspérée par la situation, j'avais remis des plombs moi même.  cette facture que, par ailleurs, je contestais.

J'ai donc laissé le type me couper le courant tranquillement (il faut dire qu'ils ne se fatiguent pas à frapper à la porte, le compteur est dans l'escalier, et ils te font ce qu'ils veulent quand ils veulent...) tranquillemnt donc, - mais j'étais fort agitée intérieurement - et ensuite je suis allé voir Michel Bernardet d'Action Contre le chômage. En passant, j'ai pris dans la boîte aux lettres un papier à en tête dEDF qui m'informait que mon compteur était un situation frauduleuse, qu'un constat était établi, et que mon dosier serait transmis au procureur de la république du Tribunal de grande Instance de Bayonne.

Michel (je le coupai en pleine réunion téléphonique avec des responsbles syndicaux au sujet d'une sombre affire de mère de famille sans ressources) n'était guère optimiste : auparavant, ils "laissaient faire" les gens qui fraudaient l'électricité, et se contentaient de leur retirer le compteur. Depuis la privatisation, ils portent plainte pour vol et demandent même des dommages et intérêts !

Enfin, il n'est pas encore question de cela : d'après Michel, je vais recevoir un courrier, et il faudra que je me manifeste immédiatement, afin d'éviter le lancement de la procédure judiciaire. Sinon, je risque une amende de quatre cent euros.

Ceci ne résoud pas mon problème, la note d'électricité que je ne suis pas arrivé à payer... et bien, les trois quart de la somme sont constitué de frais de dossier (38 euros X 10) qu'EDF me rajoute chaque fois que j'ai un retard de paiement (sur une somme de 20 euros) . L'électricité, j'en consomme très peu... et puis...

Et puis, je ne veux pas demander d'aide, c'est plus fort que moi, chaque fois qu'un travailleur social, ou mon entourage, me pousse à voir une assistante sociale, je me sens toute entière révoltée. Par exemple, je refuse de manger la nourriture qu'on donne aux pauvres. Donc souvent, je ne mange pas, ou je me fais inviter aurestaurant, parce qu'il est plus facile pour une fille - disons une fille jolie et souriaznte comme moi - de se faire inviter au nais des tonnes de monde et quand c'est trop la galère je fais un tour de quartier, ou un tour de répertoire téléphonique, et je me fais inviter à manger... Dans des bons restaus... La plupart du temps, j'aurais pu me payer une dizaine de repas avec ma part... Mais si je demandais 15 euros à la personne qui m'a, si gentiment et si étourdiment, offert d'aller manger avec elle (ou plutôt lui, car ce sont souvent des hommes), elle me ragarde d'un air horrifé et me dit qu'elle n'a pas d'argent en ce moement... Ou prend l'air géné... ou... je ne sais pas, cela fait si longtemps que je n'ai pas essayé d'emprunter d'argent que je ne sais pas comment les gens réagiraient. Par contre, il faut un certain bagou pour manger au restaurant avec des copains j"bien établis" et cacher ses problèmes... Quand je n'ai pas la pèche, je reste à la maison, et je mange du pain tempé dans du thé. Des fois, je n'ai plus de thé..  

Tous les mardis et jeudis matin c'est distribution de nourriture par la crois rouge dans mon quartier. Une heure ou deux avant l'ouverture, une queue se forme. Il y a des gitans, des mères de famille, quelques familles arbes, des gens à l'air triste et battus par la vie. De temps en temps - alors que je passe pour aller faire mon marché - quelques légumes -  j'y vois une tête connue, alors je croise vite le regard.. Pourtant, si je devais avoir un budget équilibré, il me faudrait mendier moi aussi, au vu et au sus de tout le monde...  L'idée d'attendre ainsi, plusieurs heures, au vu et au su de tout le monde, qu'on me distribue des légumes au rabais et des boîtes de surplus de la communauté européenne, me révolte et m'angoisse d'une manière extrème.

Bref, d'après Michel, les amendes du tribunal (400 euros) sont "aménageables", c'est à dire qu'elles peuvent être payée petit à petit. Mais mon petit est déjà si petit que je ne sais pas ce qui me resterait pour vivre. Ceci dit, ça ne résoud pas le problème de la dette initiale : même si j'accepte de payer l'amende, je n'aurais toujours pas de quoi payer la facture.

Oh, et puis, j'en ai mare. J'en ai marre de vire en dessous du seuil de pauvreté dans un des pays les plus riches au monde. Jze crois que je préférerais encore aller en prison plutôt que de devoir me passer de quelques repas supplémentaires. Je n'ai pas envie de faire pitié, je n'ai pas envie de ployer et je me rapelle cette phrase que j'avais collée sur la façade de mon premier ordinateur : "Mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux".

De toutes façons, d'après Michel, je n'aurais sans doute pas le choix car ils sont en train de durcir la situation : la semaine passée, quelqu'un a été arrêté en plein petit bayonne pour avoir, lui aussi, fraudé EDF. Il a été conduit en garde a vue, pour vol.

Je ne sais pas pourquoi la prison ne me fait pas peur, mais la garde à vue, oui.

Tag(s) : #vie privée

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