Violente répression après le défilé de milliers de manifestants au Caire. L'accès à des réseaux sociaux, dont Twitter est bloqué. Après l'Algérie samedi 22 janvier, c'est au tour de l'Egypte de manifester sa colère contre le pouvoir en place. Plusieurs dizaines de milliers d'Egyptiens défilent dans les rues du Caire et partout dans le pays ce lundi, décrété Jour de la colère ou Jour de la révolution par les internautes, très actifs en Egypte. Plusieurs personnes sont mortes. Ils réclament plus de liberté et exigent le départ de Hosni Moubarak. Le rendez-vous a d'abord été lancé via Facebook où un petit groupe souhaitait rendre hommage à Khaled Saïd, jeune homme de 28 ans originaire d'Alexandrie et torturé à mort par la police le 6 avril. La date n'est pas anodine. En Egypte, le 25 janvier correspond à la Fête de la police, une commémoration du 25 janvier 1952, quand les hommes de la police ont affronté à Ismaïlia les forces d'occupation britanniques. Depuis mardi après-midi, la foule égyptienne en colère réclame le départ du président Hosni Moubarak. Pour contenir les manifestants, 30 000 policiers ont été mobilisés dans la capitale mais la population n'a pas reculé, en dépit de leurs tentatives de dispersion à coup de lacrymogènes et de canons à eau. (Voir la vidéo) Sur ces images, un manifestant seul défie les forces de l'ordre de l'ordre. (Voir la vidéo) Dans la nuit, la situation était très confuse. CNN confirmait la mort d'un jeune homme tué par la police durant la manifestation à Suez. On a appris qu'un second manifestant dans la même ville avait également été tué. Un policier a succombé à une blessure au crane. A 23h35, cette vidéo postée sur YouTube témoigne de la détermination des manifestants. (Voir la vidéo) Peu avant, les informations en provenance d'Egypte étaient essentiellement issues des réseaux sociaux (le mot clé est #25jan sur Twitter), les télévisions étant plutôt silencieuses (à l'exception de France 24, Euronews et CNN). Elles faisaient état de dizaines de blessés et d'arrestations massives. Sur son compte Twitter, le journaliste égyptien Mohamed Abdelfattah rapportait qu'il avait été frappé et arrêté par la police. Ses derniers messages postés : « - Gaz lacrymo - Je suffoque - On est bloqué à l'intérieur d'un immeuble - Voitures blindées dehors - A l'aide, on suffoque - Je vais être arrêté - A l'aide - Arrêté - On m'a frappé » Certains réseaux sociaux sont bloqués. L'opérateur Vodafone a ainsi confirmé le blocage de Twitter sur tout le territoire égyptien, rapporte l'AFP. Des manifestations ont également eu lieu à Assouan et Assiout, à Tanta et à Mansourah selon l'AFP. Depuis les émeutes de 2008, le gouvernement a pris quelques mesures notamment contre la vie chère mais les tensions restent vives dans ce pays où le président Hosni Moubarak règne depuis trente ans. A la mi-janvier, l'immolation d'Abou Abdel Monem, propriétaire d'une sandwicherie, après s'être vu refuser des coupons de subvention pour acheter du pain, avait profondément ému et fait espérer un réveil de la population, à l'image de la révolution tunisienne. Dans les rues égyptiennes, le slogan le plus populaire des manifestations qui ont suivies de le départ de Ben Ali est « Moubarak dehors, ton avion t'attend. » En fin de soirée, Hosni Moubarak ne s'était pas encore exprimé. Sur YouTube, cette petite parodie le représente répétant, comme l'a fait Ben Ali la veille de sa fuite : « Cher peuple égyptien, je vous ai compris, je vous ai compris, je vous ai compris. » | Messages envoyés sur Twitter contenant le(s) mot(s)-clé #25jan (non validés par la rédaction de Rue89)
Tag(s) : #démocratie

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