Une ville aux mains des manifestants libyens

20 février 23h14

 

 

En Libye, les rues de Benghazi sont sous le contrôle de la population.

 

La contestation gagne la capitale, Tripoli.

 

Plus de 200 personnes ont été tuées en Libye depuis le début de la contestation le 15 février. Le mouvement de révolte contre le colonel Muammar Kadhafi, au pouvoir depuis bientôt 42 ans, commençait hier soir à toucher Tripoli. Les forces de l’ordre libyennes ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser des manifestants hostiles au régime dans le quartier populaire de Gurgi. Des «incidents» avaient déjà eu lieu samedi soir dans certaines banlieues de la capitale. «Un massacre» L’épicentre de la contestation reste toutefois la ville de Benghazi, à 1000 km à l’est de Tripoli. «Un massacre a été commis ici hier soir», a affirmé hier un habitant, accusant les forces de sécurité d’avoir eu recours à des armes lourdes. De nombreux manifestants ont été tués lors d’une tentative d’assaut contre une caserne. «Cela ressemble à une zone de guerre ouverte», a raconté Fathi Terbelle, un des organisateurs des manifestations. L’organisation Human Rights Watch (HRW) a affirmé hier qu’au moins 173 personnes ont été tuées en quatre jours d’affrontements, dont 90 dans la seule journée de samedi à Benghazi. Et le bilan continue de s’alourdir: un médecin de la ville a affirmé hier soir qu’il y a eu au moins 50 morts et 200 blessés hier.

 

Le Département d’Etat américain a de son côté fait état d’informations selon lesquelles il y a eu «des centaines» de morts et de blessés depuis quelques jours en Libye. Recevant les ambassadeurs de l’UE, le premier ministre libyen Al- Baghdadi al-Mahmoudi a déclaré hier que la Libye était en «droit de prendre toutes les mesures» pour préserver l’unité du pays. Des comptes rendus contradictoires de la situation ont été donnés par des témoins, mais il semble que les rues de Benghazi soient sous le contrôle des manifestants et que les forces de sécurité se soient retranchées dans un centre de commandement, d’où elles ont tiré sur la foule. Et plusieurs témoins ont fait état de défections au sein des forces de l’ordre. «Nombre de soldats et de policiers sont passés dans le camp des manifestants», a dit l’un d’entre eux. Des membres d’une unité militaire libyenne ont de leur côté annoncé qu’ils avaient fait défection et «libéré» la ville des forces loyales au colonel Kadhafi.

 

Appel au dialogue

 

Autre défection annoncée, celle du représentant libyen auprès de la Ligue arabe, Abdel Moneim al-Honi, qui assume la présidence tournante de l’organisation: il a indiqué hier soir à des journalistes avoir démissionné de son poste pour rejoindre la «révolution» et protester contre la «violence contre les manifestants». Le régime libyen n’a publié aucun bilan et n’a fait officiellement aucune déclaration. Un des fils du colonel Kadhafi, Seïf al-Islam, considéré comme un réformateur, devait toutefois s’exprimer dans la soirée à la télévision. BAHREÏN Dans le Golfe, le petit royaume de Bahreïn est toujours secoué par des manifestations. Des milliers de protestataires ont reconquis samedi soir la place de la Perle, à Manama, pour réclamer une libéralisation du système politique. Les mouvements de l’opposition tentaient de se concerter sur la réponse à donner à l’offre de dialogue présentée par le prince héritier Salman ben Hamda al-Khalifa. Ils maintiennent toutefois comme préalable au dialogue la démission du gouvernement. Y

 

 

YÉMEN

 

L’opposition parlementaire yéménite a annoncé hier sa décision de se joindre au mouvement de protestation mené notamment par des étudiants. Elle a refusé de reprendre le dialogue avec le pouvoir sous la menace des armes. La police a tué hier un manifestant de 17 ans à Aden, dans le sud du pays, le onzième dans cette ville en une semaine, IRAN Les forces de l’ordre étaient largement déployées hier dans le centre de Téhéran alors que des partisans de l’opposition tentaient de se rassembler en divers points pour commémorer le septième jour de la mort de deux jeunes tués lors d’une manifestation le 14 février.

 

 

MAROC

 

Plusieurs milliers de Marocains ont manifesté à Casablanca et à Rabat pour réclamer des réformes politiques et une limitation des pouvoirs du roi. Des incidents se sont produits à Marrakech et à Larache.

 

 

ALGÉRIE

 

L’opposition algérienne n’est pas parvenue à mobiliser ses partisans samedi. La police a dispersé un demi-millier de manifestants qui tentaient de se rassembler dans le centre d’Alger.

 

 

CHINE

 

La police a été déployée en masse hier dans des villes chinoises et a procédé à plusieurs arrestations pour empêcher des manifestations auxquelles les Chinois avaient été appelés sur Internet dans 13 villes, dans le sillage des soulèvements du monde arabe. Les cantons ne veulent pas de nouveaux lieux d’accueil pour les migrants Les cantons suisses voient d’un mauvais œil les dispositions prévues par Simonetta Sommaruga pour faire face à un afflux de réfugiés suite aux mouvements de contestation en Afrique du Nord. Ils ne veulent pas entendre parler de structures d’hébergement supplémentaires pour les migrants.

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